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Je repars vers 07H15, le ventre pas trop rempli, après avoir envoyé un SMS à Ronan, Pascal et Sonia pour leur demander, s'il leur était possible de me dépanner avec leurs bâtons
en me retrouvant sur un ravitaillement.
J'attaque une montée de 960 m, dont le début nous a été présenté comme raide lors du briefing : je confirme.
C'est d'autant plus difficile que je monte avec un seul bâton.
Je me fais doubler par 4/5 coureurs qui vont nettement plus vite que moi.
J'arrive au Collet Marti à mi-montée et continue sur une piste forestière large et moins pentue.
Je récupère un bout de bois qui va me servir de deuxième bâton.
Le Col Galina ensuite pour un ravitaillement juste en eau.
Descente ensuite vers le vllage de la Fontaneda, où le bénévole du Col de la Gallina nous indique qu'il n'y a aucun ravitaillement si ce n'est une fontaine.
Cette partie est roulante et très belle
La Fontaneda où un bénévole avec une bouteille d'eau à côté de lui me demande si je veux de l'eau. Je lui dis que oui et il m'indique la direction d'une fontaine : une bonne
blague.
Direction Andorre la Vieille, où ma montre GPS s'arrête de fonctionner.
Je n'ai pratiquement rien mangé depuis 01h00 du matin (au col de la Botella), je suis fatigué rien qu'en pensant à la grimpette de 1700 m de dénivellé positif qui m'attend.
J'arrive dans Andorre la Vieille, toujours pas de ravitaillement solide, le prochain est à Coma Bella après les 500 premiers mètres de la montée que j'attaque enfin.
Cela m'apprendra à regarder de façon plus précise le Roadbook.
Dès le début de la montée je me fais doubler par le coureur qui m'avait dépassé après le refuge de Sartony et qui s'était arrêté pour admirer le paysage.
Il me demande si tout va bien , je lui indique que je monte à mon rythme pas très rapide. Il me dit que lui non plus ne va pas très vite et me laisse sur place.
J'ai du mal avec mes deux bâtons qui ne sont pas assortis, je ressent la fatique et côté moral ce n'est pas le beau fixe.
J'ai 1700 m à monter et une barrière horaire au sommet à 02h00 du matin.
Pour la première fois depuis le début de la course, je pense que je ne vais pas pouvoir aller au bout.
Je songe arriver à Coma Bella et à m'arrêter .
Juste avant le ravitaillement je crois reconnaître Ronan et Céline en train de pique-niquer.
C'est bien Ronan qui est venu à ma rencontre alerté par mon SMS. Il a abandonné sur le Celestrail au bout de 5h00 de course à cause du froid et de problèmes gastriques.
Il m'avait raté d'une heure au Col Gallina.
Je lui indique que je suis au plus mal, que je n'arriverai jamais avant 02h00 au refuge d'Illa avec les 1200 m de D+ qu'il me reste à gravir.
Je lui demande l'heure, il est 13H15 alors que que je croyais qu'il était autour de 15 - 16 H.
Dans mon état je n'avais même pas regardé l'heure sur mon téléphone ni mon tableau de passages.
Des lits de camps étant présents, j'en profite pour faire une petite sieste de 15 minutes.
Pendant ce temps Ronan me demande ma feuille de route pour me faire le calcul par rapport à la barrière horaire..
15 minutes durant lesquelles je n'ai entendu que des mouches voler au dessus de moi.
A l'issue de cette pause, Ronan me dit que pour rejoindre le refuge de l'Illa il me faut faire du 2,1  de moyenne : c'est tout à fait jouable.
Je me ravitaille bien en solide et repars avec les bâtons de Ronan et surtout le moral retrouvé.
L'Ultra c'est fait de hauts et de bas côté physique et mental qu'il faut arriver à gérer.
Un grand merci en tout cas à Céline et à Ronan qui m'ont redonné espoir.
Je me sens mieux, mais il faut tout de même grimper encore 1200 m avant l'arrivée au sommet du Pic Negre.
Je suis au milieu d'une magnifique forêt de pins et retrouve un tempo plus adapté.
J'arrive à une station de ski de fond et au refuge Roca de Pimes.
Je crois deviner le Pic Negre au loin, il me reste 480 m de D+.
Cette portion a la particularité de couper à plusieurs reprises la pente.
C'est un paysage désertique sans le moindre arbre.
Enfin le sommet du Pic Negre, j'en ai enfin fini avec ces 1700 m de D+ mais ne suis pas encore arrivé au Refuge d'Illa.

Les escaliers de la Margineda

Les escaliers de la Margineda

En avant pour la montée de 1000 m

A l'attaque de la montée

Le Collet Marti

Le Collet Marti

Une piste forestière

La Fontaneda

La Fontaneda

Andorre la Vieille

Andorre la Vieille


Encore des escaliers

Les vignes d'Auvinya

Auvinya

Auvinya

Village d'Auvinya

La piscine à l'Hôtel de Coma Bella qui ne donne pas envie de continuer la course.

Coma Bella

Au ravitaillement de Coma Bella avec Céline qui étudie les temps de passage.

Avec Céine

Le baton en bois et son compère plutot hitech

Baton d'infortune

Le pic Negre

Le pic Négre

Paysage désertique du Pic Negre

Le Pic Negre

La fontaine au refuge de Claror

Le refuge de Claror

 

450 m de descente roulante après le sommet du Pic Negre : il y avait longtemps..
Le paysage est remarquable.
Je vois au loin une belle grimpette et rapidement des coureurs qui l'empruntent dans le sens de la descente.
Je comprends au bout d'un moment qu'il s'agit des concurrents de la Mitic : ouf une belle montée en moins.
Refuge de Claror avec ravitaillement solide et ensuite refuge de Perafita 

Après une belle descente on attaque une montée vers la  Collada de la Maiana.
Là  je subis un gros coup de fatigue et je décide d'adopter une technique qui a déjà fait ses preuves : une micro sieste appuyé contre un rocher à l'abri du vent : un bonheur.
Pas besoin de réveil mais je suis certain de m'être endormi.
On bascule sur une belle descente bien roulante et on arrive sur une grande clairière.
on est dans le Vall del Madriu déclaré patrimoine mondial de l'Unesco.

Un terrain magnifique et roulant se profile qui me fait penser à la partie entre Tournaboup et la Cabane d'Aigues Cluses sur le GRP le long d'une rivière avec des cascades.
Je retrouve des forces dans cette montée vers le refuge de l'Illa : il est temps. Il me reste 450 m de dénivellé positif.
Il fait toujours jour je suis dans les temps.
A plusieurs reprises je crois apercevoir le refuge mais à chaque fois c'est soit une cabane, soit un refuge occupé par un couple avec une bonne odeur de pétard :
les brumes de l'altitude.

J'arrive enfin au refuge de l'Illa : il est 22H25 : merci Ronan j'avais en effet de la marge.
Je sens au fond de moi que c'est gagné sauf blessure.
Un superbe accueil et un ravitaillement à la hauteur avec une soupe de vermicielle dont j'aurai bien repris 4 ou 5 bols.
On même eu le droit à des bolets crus fraîchement cuellis : un régal.
J'en profite pour changer la batterie de ma frontale en prévision de la nuit.
Et là la technique me plante une fois de plus pas moyen de refaire fonctionner cette magnifique lampe.
J'ai beau m'y prendre à plusieurs reprises rien n'y fait.
Je sors donc ma fidèle Petzl.
Au moment du départ un bénévole m'indique que l'on ne peut plus partir seul.
Heureusement un autre concurrent de La Ronda Del Cims est présent.
J'attends qu'il termine de se restaurer et de se changer avant de partir.
A ce moment un nouveau concurrent de la Ronda pointe son nez : un bénévole nous demande de l'attendre.
A ce rythme là on n'est pas parti du refuge si on doit former le gruppeto.
Heureusement le coureur souhaite dormir. On peut s'échapper.
C'est ainsi que je fais connaissance avec mon compagnon de route : François trailer confirmé avec à son palmares  : 2 fois le GRP 160 km, l'Ultra Mitic, le Celestrail, l'UT4M.
On se fait des politesses pour savoir qui passe devant et je me lance.
10 minutes après notre départ du refuge mon compagnon de route s'arrête pour un besoin pressant.
Je stoppe quelques mètres en dessous de lui.
J'ai en face de moi la pleine lune et en me retournant j'aperçois une deuxième paire de lunes : celles de mon compagnon.
Il rencontre visiblement un problème technique. Je m'eclipse discrétement et descend quelques mètres plus bas hors de son regard.
J'attend une dizaine de minutes environ en lui demandant si tout va bien. Il arrive enfin en m'indiquant avoir eu un problème gastrique.
Les bolets ? C'est ça aussi l'ultra trail.
Nous voilà repartis dans cette descente de 500 m de D- qui nous fait penser à la descente vers le lac de l'Oule avec la rivière qu'on longe
et qui n'en finit pas sur le même type de terrain.
On attaque maintenant la montée. Je lui signale de suite que je suis mauvais en montée, il m'indique aller à la vitesse d'un escargot.
Je passe donc devant et l'écart se creuse rapidement entre nous deux. J'ai du retrouver la forme ou bien il est sacrément fatiqué.
Je m'arrête à plusieurs reprises le temps de voir sa frontale et je continue sur ma lancée.
Arrivée vers le sommet, je ne vois plus de fanions sur le chemin et en regardant autour de moi j'en aperçois un bien au dessus droit dans la pente.
J'attaque donc dré dans le pentu.
Je cherche ensuite le fanion suivant : rien à l'horizon. Je prends donc le chemin devant moi et au bout d'un moment ne voyant rien de balisé je retourne sur mes pas
pour continuer droit dans la pente et là je tombe sur un gros catadiopthre éteint.
Je suis sur le bon chemin. En effet droit au dessus j'aperçois d'autres fanions et même une lumière sur la crête.
Je continue donc dans cette pente raide jusqu'au deux bénévoles qui ne parlent pas français. C'est donc en anglais que j'explique qu'il y a un coureur plus bas
et que leur balisage est plus qu'approximatif.
J'attends donc de voir la frontale de François avant de basculer de l'autre côté du col en criant son nom.
Quelques minutes plus tard je le vois et lui crie de tirer droit dans la pente.
J'attaque la descente vers le Pas de la Case : 470 m de D - avec deux remontées de cols et le brouillard qui se met à tomber.
On arrive par la piste des Isards : qui ne me dit rien malgré les nombreuses fois où j'ai skié au Pas de la Case.
Malgré le brouillard les fanions sont suffisament nombreux pour ne pas se perdre.
J'arrive en haut du Pas de la Case vers 04h20 du matin : rien d'ouvert même pas une boîte de nuit.
Un véhicule de policiers s'arrête à ma hauteur pour me signaler que la base de vie se trouve à la salle des fêtes en bas de la station.
J'y arrive à 04h29 sous les applaudissements : cela réchauffe le coeur.
Première demande : les douches.
Réponse il faut sortir et faire 200 m : c'est trop loin.
Comme il y a des toilettes avec un lavabo je choisis cette option pour me laver et me changer même si l'eau est froide.
Direction ensuite un tapis de sol pour dormir une heure : pas de chance je suis à côté d'un ronfleur.

Je choisis donc l'option lit de camp de l'autre côté et m'endors pendant une heure.
A mon réveil je revois mon compagnon de route qui est arrivé 30 minutes derrière moi.
Il décide de ne pas dormir et de partir dans la foulée.
Moi je préfère bien me ravitailler avec comme optique de quitter le Pas de la Case environ une heure avant la barrière horaire.

 

La Collada de la Maiana

Un des 75 points de contrôle

La Collada de la Maiana

Direction le refuge d'Illa

Direction le refuge d'Illa

La montée vers le refige d'Illa

La montée vers le refuge d'Illa

 

Ruisseau