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La première journée : Vendredi 11/07/2014

Nous sommes environ 310 coureurs au départ de la course. Combien à l'arrivée ?
Dans ce genre de course les abandonstournent autour de 50 %.
Une année où les conditions météorologiques étaient catastrophiques le pourcentage est même tombé à 25 % de finisher.

La météo étant avec nous on montera peut-être à 60 %.
Lever à 05 h00 du matin pour un départ à 07h00.


Avant l'entrée dans le SAS : le sourire est là pour combien de temps ?

Les deux Patrick avant l'entrée dans le SAS

 Dans le sas du départ, je rencontre Alain Mialon des clubs de Quint-Fonsegrives et de Balma.

Alain Mialon

Les sacs sont contrôlés de façon aléatoire : Patrick a droit à son contrôle.

Contrôle du sac pour Patrick

 Nous avons droit à un survol du sas du départ par un drone.

Drone

 Les tambours du Bronx Andorrans nous mettent de l'ambiance :
Tambours du Bronx Andorans

 

Patrick en attndant le départ

 Les chronomètres des différentes courses.

Chronomètres  des courses

Dans le SAS la tension monte.

Dans le SAS


07h00 le départ est donné.
La course commence par un tour du village d'Ordino histoire d'étaler le peloton.
Patrick part à son rythme bien au dessus du mien. Je ne le reverrai plus avant Ordino.
Au bout de 3 km on attaque la première montée qui nous mène au dessus d'Ordino : une partie que j'avais
repérée trois semaines auparavant.

Une belle montée

 Au milieu d'une côte je me retourne et n'aperçoit aucun coureur : déjà dernier ? (comme quoi il est utile de
repérer le parcours).

Déjà dernier


Une belle descente roulante se présente me permettant de doubler quelques trailers et de quiitter cette dernière place.
On s'attaque à une montée bien plus raide au milieu de la forêt avant d'arriver à Ensegur.
La végétation se fait moins présente : on est en haute montagne.

 

%ontée Ensegur

 

Au loin je distingue des coureurs sur une crête : la première des 15 grosses difficultés : La Collada Ferreroles : 2532 m.
On est parti de 1280 m déjà 1300 m de D+. Pour l'instant tout se passe bien.

 

Montée pentue dans la forêt

Montée dans la forêt

 Arrivée à l'Ensegur

Col de l'Ensegur

Montée vers la Collda de Ferreroles

Je  distingue les trailers au fond sur la crête

Crête avec coureurs

 

Montée vers la Collada de Ferreroles

Montée trailers vers Collada de Ferreroles

La pente est des plus raide
Montée collada de Ferreroles

Montée collada de Ferreroles

Chevaux

 

Le milieu est très minéral, le brouillard est présent au sommet.
On bascule vers la refuge de Sorteny.
Le début de la descente est tout en dévers.
On arrive tout de même rapidement sur un terrain plus praticable et là  je me perds une première fois en pestant
après les dragonnes de mes batons qui sont  trop petites.
Je réagis rapidement et reviens sur mes pas pour retrouver le bon chemin.

 

Un paysage très minéral
Arrivée au sommet : crête

Crête finale

Sommet

 

Au sommet on m'annonce mon classement 296 ème. Il reste donc 14 coureurs derrière moi et un nombre bien plus conséquent devant
comme d'habitude.

Le brouillard dans la descente.
Descente dans le brouillard

 

Descente vers refuge de Sorteny

 

Ruisseau vers refuge de Sorteny


Refuge de Sartony :premier ravitaillement  il est 11h41 : j'ai parcouru 21 km en 04h41 soit du 4,46 km/h de moyenne.
La barrière des 62 heures pour les 170 km donne une moyenne de 2,74 km/h. J'ai de la marge devant moi pour l'instant.

Refuge de Sorteny

 

J'assiste au premier abandon d'un coureur qui a mal aux genoux.
Une deuxième grosse montée de 546 m nous attend pour atteindre la Portela de Rialb à 2529 m d'altitude.

 

Vallée

 

Panneau Portello de Rialb

 

Un coureur me dépasse et je le vois s'arrêter sur un rocher un peu plus loin.
J'ai l'impression qu'il profite à fond de la course.
Il me repasse une deuxième fois après sa pause contemplative :  il est trop facile.

Montée vers la Portella

Montée vers la Portella de Rialb

Un premier passage de Névé : mais loin d'être le dernier.

Montée vers la Portella de Rialb

 

Des Névés partout

 Sommet de la Portella de Rialb : 2ème des 15 sommets

Sommet de la Portella de Rialb

 

Au sommet du Portella Rialb on aperçoit la station de ski d'Arcalis.
Je devine au loin le ravitaillement en esperant retrouver le reste des coureurs du groupe qui n'ont pas encore pris le départ.
La station ne semble pas trop loin à vol d'oiseau mais une surprise nous attend avec une belle petite grimpette intermédiaire
que je ne négocie pas très bien : plusieurs coureurs me doublent.

 

Ce n'est que le début de la course et je commence à faiblir : un mauvais signe.
On enchaîne plusieurs descentes et montées pour arriver enfin au pied du refuge où Sonia est venue à ma rencontre.
Elle m'indique de faire attention il y a plein d'eau : une constante devant tous les refuges : de quoi bien se mouiller les pieds.
Il est 15H22 j'arrive à Coma d'Arcalis après 32 km pour 08h20 de course : soit du 3,82 km/h de moyenne.
Une bonne moyenne mais une grosse fatigue.
Pascal, Ronan, Hélène, Nicolas, Maribel et Sonia sont là : de quoi me réconforter.
Marco dort.
Patrick est déjà passé depuis plus d'une heure.

Tout comme moi beaucoup de coureurs ressentent  déjà de la fatique alors qu'il reste encore 140 km à parcourir.
Ce constat de fatigue quasi générale au bout de seulement 32 km marquera les esprits de mes chers camarades
qui n'ont pas encore pris le départ de leur course.

L'accés à la station avec au fond sur la droite le ravitaillement.

Station d'Arcalis

 

Quelques vaches, mangeuses de rubalise (Piton je tiens les cousines des coupables), nous bloquent le passage

Rivière avant l'arrivée à Arcalis

 

Cascade

 

Retenues d'eau pour la station

L'arrivée au ravitaillement

L'arrivée au ravitaillement

 

Nos accompagnateurs en plein effort.

Les supporters en plien effort

 

Passage de Patrick à la Coma d'Arcalis 1h30 avant moi.

Passage de Patrick à la Coma d'Arcalis

 

De quoi se remonter le moral avec Ronan et Nicolas.

Ronan et Nicolas


Ronan, Nicolas, Pascal, Maribel et Hélène

Le groupe des coureurs


Un bon ravitaillement et on attaque une piste de ski vers le sommet de Cataperdis.
Je me sens moyennement en forme.
Au sommet nous avons la surprise d'être survolé par le drone qui filme, avec une  Go Pro accrochée, les passages au col
et le début de la descente qui me permet de me requinquer quelque peu.
Une multitude de lacs se succèdent et je me retrouve devant un beau névé et le seul passage que je devine est de le descendre.
L'adhérence est des plus sommaires et je me résigne à me laisser glisser sur les fesses.
Je prends rapidement de la vitesse et me retourne sur le ventre pour stopper ma descente.
Il me reste encore un bon bout de névé et le bas me semble se terminer en pente douce.
Je me résigne à repartir sur les fesses : la bonne option.
Je retrouve bientôt une partie que nous avons reconnue et qui coïncide avec la fin de la première grosse montée du Celestrail.

Ravitallement

 

Montée vers Cantaperdis

Sommet du Pic

Sommet de Cataperdis

 

Un coureur Japonais.

Trailer dans la montée

 

Le drone au Pic de Cataperdis avec la Go Pro
Le drone

et son pilote

Pilote du Drone

 

Au sommet du Cataperdis : 2715 m d'altitude et  3ème des 15 sommets.

Au sommet du Cateperdis

 

Les lacs dans la descente

 

Le névé descendu sur les fesses.

Névé

 

Le névé vu de loin

 

Je suis en terrain connu jusqu'au pla d'Estany.
Lors du répérage on s'était quelque peu trompé et avions du emprunter une partie technique avec un peu d'escalade le long d'une crête.
Après avoir longé la bonne crête on arrive sur une descente très roulante et très agréable jusqu'aux Bordes del Prats.
Une partie en balcon où Hélène s'était déchainée lors de la reconnaissance se présente avant  le refuge Joan Canut.

Descente

 

Pic Del Clot Del Cavall : 2610 m et 4ème sommet

Montée vers col

La station de ski d'Arinsal.

La station de ski d'Arinsal

Descente ves pointage

 

Le passage au marathon : pas en 02:04 mais en 12:04 : encore un record.

Passage au marathon

 

Il est 19h24, toute cette partie de montagne est à l'ombre et se profile à l'horizon la montée vers la Comapedrosa.
Au ravitaillement j'ai le malheur de laisser traîner mon eco-tasse. Un chien la prend pour sa gamelle.
Je sors ma veste pour affronter la montée; le vent se lève.
Je fais quelques metres et me dis qu'il est plus prudent de sortir la frontale plutôt qu'en pleine montée.
Je repars et me dis qu'il est plus raisonable de mettre mon tee-shirt de deuxième couche.
Je retourne au refuge pour procéder à l'habillage à l'abri du vent.
Une belle optimisation du temps.
J'ai bien perdu une dizaine de minutes qui peuvent compter car mon objectif est d'arriver au sommet avant la nuit.
Une bénévole m'indique qu'il y a 900 m sur 3 km à gravir.
Cela va être juste, il ne faut pas traîner.
Le sentier,si on peut appeler cela un sentier, est vraiment très raide, avec rapidement une succession de pierriers
et quelques névés à traverser.
Je ne me retourne pas souvent vu la pente. C'est vraiment du costaud.
Cette partie me fait penser à la montée de la brêche de Capitello sur le GR20 en terme de technicité et de gaz.
Et dire que l'Ultra Mitic y passe de nuit !!!
J'ai beau regarder au dessus de moi je n'arrive pas à voir où se trouve le sommet et par où on peut bien passer.
Heureusement je suis relativement en forme, je monte à mon rythme sans trop souffrir.
Mes batons que j'ai acheté exprès pour les plier me sont bien utils dépliés (un bon choix).
J'aperçois enfin le col avec une dernière partie encore plus raide.
Je fais attention à un ou deux endroits où je pose les pieds de manière à ne pas partir en arrière.
Une sacrée montée avec un pourcentage moyen de 29 %.
Arrivé au col je fais quelques photos et demande à un Espagnol qui arrive derrière moi de me photographier.
Il s'exécute et avant de repartir me montre du doigt  le sommet au dessus du col.
J'aperçois quelques balises et devine qu'on va jusqu'au sommet du pic.
Je m'étais cru un peu trop vite arrivé au sommet (il faut lire le road-book)
Une partie un peu acrobatique avec la nuit qui commence à tomber et un vent assez fort : un régal quoi.
Arrivée au sommet à 21H49, je me fais photographier par un bénévole avec la pleine lune au fond.
J'ai mis environ deux heures pour les 900 m : pas trop mal.
Place à la descente maintenant et de nuit..
Ma frontale éclaire bien (un bon choix : merci Maribel).

Le refuge du pla de l'Estany

Pla de l'Estany

 

La Ronda et l'Ultra Mitic y ont droit mais pas le Celestrail (à la montée de la Comapedrosa)

Montée vers la Comapedrosa

 

Refuge Joan Canut

 

Montée vers la Comapedrosa

Le refuge du Pla de l'Estany que l'on distingue en bas sur la gauche.

Montée vers la Comapedrosa

 

Montée vers la Comapedrosa

Montée vers la Comadedrosa

 

 

Montée vers la Comadedrosa

 

 

Montée vers la Comapedrosa

 

Montée vers la Coma Pedrosa

 

Coucher de soleil

 

Col en vue
Col en vue

Un trailer dans la fin de la montée

Trailer en pleine montée

 

L'autre versant qui est nettement moins raide.

Versant descente de la Comapedrosa

Direction le sommet.

Sommet de la Comapedrosa

 Sommet de la Comapedrosa : 2946 m avec la pleine lune en arrière plan.

Sommet avec la pleine lune en second plan


Dans la descente, de nuit donc, on passe sur deux névés avec des passages délicats : le bord extérieur à tendance à s'enfoncer
et manque fortement de stabilité et pour un autre névé obligation de faire un peu d'escalade afin de ne pas l'attaquer dans sa partie dévers :
un véritable bonheur.
Je me perds ensuite à deux occasions, une première fois pour ne pas avoir vu une balise indiquant un changement de direction et une deuxième fois
en cherchant pendant plusieurs minutes la balise suivante.
J'arrive enfin au refuge de la Comapedrosa, à 22h59, une grand refuge avec de larges bancs permettant de se reposer les jambes.
J'assiste à un deuxième abandon, d'une coureuse visiblement à bout de forces.
Je me sens bien et pars à l'assaut du Portella de Sanfons, une petite grimpette de 225 m.
La suite :  une descente de 545 m, la fin sur la route sur un bon km pour arriver au Col de la Botella à 1h07 pour un
ravitaillement à l'exterieur. La température est bonne et tout roule.
La partie suivante se déroule au milieu de la forêt sur un sentier très roulant relativement plat.
Même de nuit avec la pleine lune, je trouve ce tronçon magnifique.
Premier incident : ma montre GPS arrive en bout d'autonomie après un peu plus de 18h00 de fonctionnement.
J'essaie de brancher ma batterie de recharge sur ma montre et là je me rends compte que le ressort de la pince du cable est cassé.
Ma première montre GPS et donc devenue inutilisable.
Je passe ma deuxième montre au poignet mais celle-ci n'à qu'une autonomie d'une dizaine d'heures grand maximum.
Cela fait partie des aléas de la course et des ultras en particulier. Il faut faire avec. De toute façon on n'a pas le choix.
J'aperçoit des lumières d'une ville en contre bas et j'imagine qu'il s'agit de la Massana où nous résidons.
J'attaque une partie plus raide sous forme d'une montée de 322 m.
La fin de la montée se termine sur une crête étroite pour arriver au Bony de la PIca à 2406 m où nous attendent une descente
de 1600 m de dénivellé négatif. Il est 03h06.
Le benévole, qui pointe les coureurs, m'indique que de'autres bénévoles nous attendent dans la descente pour les passages de câbles et que
les premiers de l'Ultra Mitic ne vont pas tarder.
J'attaque cette descente très raide et juste avant le premier passage de câble, je glisse et tombe en dehors du chemin et dans ma chute
un de mes bâtons se casse au niveau de la poignée.
Un bénévole m'aide à remonter sur le sentier et à passer le passage de câbles. Je lui laisse mon bâton tout neuf.
Le reste de la descente est un calvaire avec un seul bâton dans cette pente très raide et très aérienne.
Je tombe à plusieurs reprises, j'ai l'impression que mes chaussures n'ont plus d'adhérence dans cette partie.
J'ai même droit à une chute dans les épineux : tant qu'à faire.
Je me fais doubler par les 6 premiers du Mitic : c'est impressionnant la différence de style et de vitesse entre eux et moi.
Je n'ai pas l'impression de faire partie du même monde.
Je suis aussi obligé de m'arrêter à plusieurs reprises, pour vider les petits cailloux qui ont tendance à pénétrer dans mes chaussures de trail.
Je finis par apercevoir Andorre la Vieille, mais la route est encore longue : je sature dans cette descente qui n'en finie plus.
Enfin la Margineda avec des escaliers pour accéder au Gymnase, il est 05h37. J'ai mis 2h20 pour descendre ces 1600 m.
Je récupère mes affaires de rechange pour me diriger vers la douche, mais celles-ci sont en cours de nettoyage.
Attente de 15 minutes avant de pouvoir prendre une bonne douche bien chaude et me changer complétement avant un petit somme d'environ 30 minutes
à même le sol du gymnase.
Avant de repartir, je me restaure et là encore c'est la galère : la soupe est froide idem pour les pâtes.
Ma journée de samedi commence bien.