Pour son premier marathon en 1972, au marathon de Condom, Hervé Murat avait mis 3 h 30.
38 ans après il termine son deuxième marathon à Toulouse en 04H36.


Son arrivée place du Capitole.

Hervé Murat : arrivée

Son récit :

Comment c'était ?
Vu le palmarès de tous les coureurs de Bon Pied Bon Oeil, je me sens peu de choses à raconter
Le stress, la semaine avant : je sentais des tendinites, des crampes, toutes les entorses aux ligaments et aux règles de nutrition qui se réveillaient.
La météo qui s'y est mise, beau temps toute la semaine et pluie le dimanche (juste le temps du marathon d'ailleurs)
Le stress dans la lecture des infos. Je me préparais pour un départ à 9h30 et c'est en me couchant que je lis 8 h 45 (l'excuse d'avoir raté le départ j'ai pas osé)
Le stress au réveil, le cardio annonçait 100 quand je suis sorti de la maison, les selles j'en parle pas et quand j'arrive au pont neuf personne...! Le départ c'était au Pont St Michel (l'excuse de ne pas avoir trouvé la course, j'ai pas osé non plus)
j'avais bien déjeuné, pris des barres de céréales, bien bu (j'ai pissé deux fois avant le départ et une seule fois en course... Il faut dire qu'elle se met à l'abri, elle rétrécit pendant la course, difficile de la sortir)
Le départ sympa, juste une minute pour franchir la ligne, et puis tout ce monde, cela ne protégeait pas des gouttes mais cela faisait chaleur humaine. Les premiers km sans problème, faut dire que j'avais bien repéré de la Place St Cyprien à Jean Jaurès ces dernières semaines, mais à Arnaud Bernard je suivais la manif sur les boulevards, là il fallait virer à gauche vers les Minimes.
J'avais pris l'option 4 h 30 et je suis resté bien sage pendant 11 km derrière les ballons jaunes et puis lors d'un relais entre ballons je les ai perdu (une partie des ballons faisait le parcours en métro). Mais pas grave, le cardio entre 145 et 150 , les arrêts eau et ravitaillement respectés, jusqu'au 20° km "tot e bene", j'ai passé le semi en 2 h 08, c'était plutôt agréable et cela aurait pu s'arrêter là. C'est bien ce qu'on fait sur le canal, l'aller et le retour et ce qui compte c'est l'aller. En plus dans cette partie c'était un peu champs et prairies. Avec la flotte peu de spectateurs, les orchestres sympas mais un peu ... froids. je repensais à mon marathon précédent en septembre 1972 à Condom, j'avais le temps (et la forme) pour m'arrêter manger des mûres, il faut dire que côté ravitaillement c'était pas pareil.
Ensuite cela s'est gâté ; Surtout quand pensant arriver au 28° km, j'ai découvert le 26 ! ça, c'est très mauvais pour le moral. Heureusement, pleins de gens disait "aller Hervé", que j'ai cru que tout le club (et familles) était là pour m'encourager ; Quand un éclair de lucidité (j'ai dû en avoir deux ou trois dans la course) m'a rappelé que le prénom était sur le dossard. Bon c'était pas le club... D'ailleurs...
Quartier des Trois Cocus, de la Vache, de Borderouge, puis retour aux Minimes, ça a commencé à faire long et j'ai songé à changer de section (section marche). Quand un quidam, un jeune duveteux m'a demandé où était la bouche de métro, j'ai bien eu envie de l'accompagner (l'excuse de ramener un jeune à sa mère, vous n'auriez pas marché, encore moins couru).
Les bretons qui mettaient une belle ambiance aux Minimes (un bagad) à l'aller étaient déjà rentrés s'arsouiller et Nougaro ne hantait pas le pavé. Mal aux pieds, froid et un frangin qui devait m'attendre à Arnaud Bernard qu'était pas là. Le 30° km était franchi, il me restait à rentrer à la maison. J'aurais bien passé par la rue de Rémuzat mais l'erreur de parcours...
les Boulevards, c'était sympa et donc motivant. J'ai rentré le ventre, levé les bras mais les chalands qui faisaient le marché n'ont même pas regardé. Monuments aux morts, Pont des Demoiselles, j'étais bien dans le rouge, pas loin de 170 au Cardio. Et en même temps c'est aux Ponts des demoiselles que j'ai arrêté l'alternance de pas sautés ou levés. J'ai pensé à Bernard et à la course lente... Et ça marche (enfin pour moi ça a marché) et le rythme est revenu de 35 à 42 presque le plus facile et même jusqu'à 42,195. De 42,195 à 42,210, je me rappelle pas bien. Mais c'était fait.
Déjà des envies de remettre cela, avec plus d'entrainement, surtout des 25/28 km. A ce propos en cherchant des plans sur Internet (des plans d'entrainement, couillons !), j'avais un plan correct pour 4 h 30. Dans les commentaires : "Pas besoin de s'entrainer pour faire un marathon en 4 h 30" ! Rendez-vous dans trente ans à celui-là.
Pour Eric, Bruno... pas de problèmes, vous pouvez le faire... avec de l'entrainement sérieux sur dix, voire douze semaines.